Cinéma

Kim Chapiron fait monter…"La crème"

Kim Chapiron fait monter…"La crème"
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Destiné à devenir « La crème de la crème », Dan, Kelliah et Louis décident de griller les étapes en empruntant un chemin pour le moins tortueux : celui du proxénétisme. Les trois étudiants en école de commerce montent un réseau de prostitution au sein de leur campus pour l’argent et la gloire. Voici l’histoire du dernier film de Kim Chapiron, réalisateur de Sheitan et Dog Pound.

« La crème de la crème » parle de jeunesse dorée, de prostitution ou d’amour ?

J’aime l’idée du film transgenre, j’aime l’idée de me promener dans différents styles. Au début, La crème serait plutôt dans jeunesse dorée et prostitution puis le film glisse petit à petit dans la romance.

Comment a-t-ont l’idée de proposer une telle histoire ?

C’est Noé Debre, co-scenariste de La crème, qui a eu l’idée originale du film après avoir entendu une légende urbaine. Dans les années 70, une association qui s’appelait H.E.SEX aurait proposé aux étudiants de s’échanger des DVD pornos. On raconte aussi que c’était un endroit où était hébergé des escort girls. Tout cela est très flou et les versions de cette histoire divergent… Pour nous, l’idée de départ était de mélanger réalité et légende urbaine.

Vous vous-êtes donc rendu sur des campus ?

Bien sûr ! J’ai fait Grenoble, La Rochelle, l’ESCP, l’ESSEC, HEC, Science-Po, Centrale… Dès que je pouvais rentrer en contact avec des étudiants j’y allais direct, dès que je pouvais aller dans une fête étudiante j’y allais direct, dès que je pouvais assister à des cours, être dans les chambres avec des étudiants j’y allais direct. C’est indispensable pour avoir des réactions. Par soucis d’honnêteté et de réalisme aussi. J’avais fait le même travail de recherche pour Dog Pound en me baladant dans les prisons du Midwest.

Vous avez arrêté vos études assez jeune vous ne connaissiez donc pas ce milieu… 

En tant que scénariste et réalisateur, c’est à la fois un besoin et un réel plaisir de me retrouver dans des endroits qui normalement ne m’appartiennent pas du tout.

Qu’est ce qui vous a le plus frappé dans le petit monde des écoles ?

Les nuits étudiantes. J’ai immédiatement été séduit par le côté ultra-cinégénique des soirées d’écoles de commerce, dans le sens où il y a une capacité de lâcher prise que l’on retrouve assez rarement. Je ne me suis donc pas privé de récolter un maximum d’anecdotes, de profils, de façons de se comporter. Les écoles de commerce ont leur propre jargon, leur propre code, leur folklore, leurs chansons. En témoigne la scène des « Lacs du Connemara ».

On peut dire que « La crème de la crème » est un campus-movie ?

On pourrait dire que l’on a traduit le « campus-movie » en « fac-movie ». Avec Noé, on a voulu trouver des archétypes de personnages très colorés. Dans ce type de film, il y a des figures de style obligatoires, des profils récurrents. On s’est amusé à fabriquer avec Jean-Baptiste Lafarge un capitaine d’équipe de foot, un quaterbak. Dans « La crème » Louis c’est le beau gosse du lycée qui a toutes les minettes. Dan (Thomas Blumenthal) le nerd de service et Kelliah (Alice Isaaz) l’anomalie du film, le grain de sable qui fait vriller l’histoire. On a également le « noir de service », qu’on a adapté en « tunisien de service » et la femme fatale, Eulalie (Marine Sainsily).

Des personnages aussi attachants que détestables…

On peut dire ça. Ils ont essayé de raconter les sentiments avec des chiffres et ils se sont pris une équation beaucoup plus compliquée. Vous savez, c’est impossible de faire un film et de ne pas aimer ses personnages ou alors c’est une épreuve masochiste. J’ai beaucoup de tendresse pour eux, j’aime l’idée de vivre avec eux, leurs craintes au début du film, leurs envies, leurs jalousies, leurs peurs et leurs conneries. Normalement, si tout va bien, à la fin du film on serait presque dans une réflexion du type « qu’est ce qui a emmené ces jeunes à se comporter de la sorte ? ». La réflexion, ça reste pour moi ce que je recherche en tant que spectateur et en tant que réalisateur.

Pourquoi avoir choisi de jeunes acteurs peu connus ?

Toujours pour être en phase avec le sujet et les personnages. Sheitan, Dog Pound et La crème parlent de la jeune génération, des « presque adultes », une zone d’ailleurs de plus en plus floue… C’est obligatoire d’avoir de jeunes acteurs car ils n’ont pas encore spécialement percés et j’aime utiliser leur fraîcheur, leur spontanéité et cette énergie qu’ont les jeunes acteurs colle pas mal au sujet.

Quels sont vos prochains projets ?

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Anthony Lanczet-Bennaceur

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