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Musique

Jarod se confie sur son second album "Caméléon", "Quand tu es responsable de tout, c’est satisfaisant" (EXCLU)

Jarod se confie sur son second album "Caméléon", "Quand tu es responsable de tout, c’est satisfaisant" (EXCLU)
Ya rien NADIR
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Jarod dévoilera le 6 mai prochain son second album « Caméléon ». L’occasion pour le rappeur de se confier à Non Stop People sur son parcours mais également sur son nouvel opus qui promet de faire du bruit. Dans cette première partie de l’interview de Jarod, l’artiste se dévoile et revient notamment sur ses envies pour sa musique. Rencontre.

NSP : En peu de temps, vous avez déjà vécu beaucoup dans le rap. Pouvez-vous en quelques mots retracer votre parcours dans le milieu.

Jarod : On a commencé ensemble avec la Sexion d’Assaut et l’Institut. Ça fait partie de mes premières années dans le rap, en tout cas la plus grande partie de ma vie dans le rap, parce que ça a duré 7 ans. Après ce n’était pas professionnel, pour moi. La Sexion d’Assaut, ils faisaient ça plus professionnellement. Mon groupe et moi, on faisait plus ça pour s’amuser. On était plus une équipe de potes et on allait de studio de temps en temps, et quand on pouvait faire des concerts, on fonçait. En 2008 j’ai signé chez Wati B. J’ai sorti une mixtape qui s’appelait « Feinte de Frappe », qu’on a vendu que de main à main. Ça a plutôt bien marché et mon nom a commencé à monter. Ça a été aussi grâce au succès de la Sexion d’Assaut, car c’est l’époque à laquelle ils ont cartonné. J’ai été accueilli un peu partout. On va dire qu’on s’est éloigné parce qu’à un moment on ne se comprenait plus. Moi je voulais être producteur, je ne voulais pas être dépendant de Dawala, je voulais être coproducteur avec lui. Parce que je m’étais grave investi sur ce projet. Mais lui ne voulait pas. On a discuté et on s’est dit que c’était mieux peut-être de se séparer. Moi-même entre temps, j’ai complètement lâché ce milieu, je n’écoutais plus de musique. Je ne voulais plus en entendre parler. J’avais été un peu déçu, parce que ça restait quand même mes potes et en être arrivé là à cause de la musique c’était bête. Mais quelques mois après je suis revenu et j’ai monté ma propre structure, à mon nom sans Wati B donc ce n’était plus pareil. Quand je frappais aux portes ce n’était plus pareil. J’ai dû apprendre tout seul, être producteur, la promo… On a tout fait tout seuls avec mon collègue Nervous. On a refait une mixtape, qu’on a vendu en main à main et sur iTunes, qui s’appelait « En attendant la frappe ». Ca a bien marché, pourtant les médias ne nous aidaient plus du tout. On a préparé l’album « Frappe Préventive ». Il est sorti en novembre 2014, on en a vendu plus de 8 000. Et le 6 mai je dévoile le nouveau, qui est pour moi le meilleur album que j’ai fait et le plus abouti. Pour le premier j’étais encore dans la construction et là on a passé un vrai cap musicalement. C’est assez large, c’est assez éclectique. C’est un album de caméléon pour les caméléons.

NSP : Vous vouliez être producteur plutôt que rappeur. Mais qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer, malgré tout ?

Jarod : On m’a poussé en fait. A l’époque, la Sexion d’Assaut me disait "t’es fort, lance toi, Dawala va t’aider" et je l’ai fait. Au début c’était une passion, je ne voulais pas en faire mon métier. Mais ça l’est plus ou moins devenu en 2010 à peu près.

NSP : Si vous étiez resté chez Wati B vous auriez été plutôt producteur ?

Jarod : Artiste producteur, mais je n’aurais pas pu le faire chez Wati B. Sauf si j’avais racheté Wati B. Ce qui me plait, c’est ce côté artiste producteur, même si je dois sortir de l’argent pour produire, je fais ce que je veux. Je collabore avec qui je veux, je prends la direction que je veux. Je suis le seul capitaine de mon bateau. J’ai toujours fonctionné comme ça, même dans les autres métiers que j’ai pu exercer dans ma vie. J’ai fait beaucoup de métiers, mais ça ne m’a jamais trop correspondu, j’ai toujours préféré travailler pour moi.

NSP : C’est une des raisons qui vous ont fait quitter Wati B ? La direction ne vous plaisait plus et vous avez voulu diriger votre carrière à votre façon ?

Jarod : Quand on fait partie d’une grosse structure, il y a une mentalité. Si ne t’es pas dedans… C'est compliqué. J’ai toujours été un peu à part, un peu marginal. Ce qui me convient c’est ma structure avec ma couleur.

"Dans Caméléon, il y a plusieurs couleurs"

NSP : Aujourd’hui, les rappeurs en indé réussissent peut-être mieux ?

Jarod : Pas forcément. L’indé fonctionne pas mal, mais ça fonctionnait déjà à l’époque de Lunatic. Je pense que c’est vrai chez toutes les générations. Dès qu’on arrive avec un gros billet, tu sors de nulle part, tu fais un peu de musique, t’as fait 2 3 millions de vues, une maison de disque te donne 20 000 ou 30 000 euros, si tu n’as jamais gagné de grosses sommes, tu vas les prendre sans connaitre ce que ca peut impliquer. En général tu signes des contrats sur 3 albums, 5 albums. Ce n’est pas un petit engagement. Mais comme tu sors de nulle part, tu vas plonger dedans. Moi j’ai peut-être eu la gamberge de m’extirper de Wati B. Beaucoup de personnes me demandent pourquoi j’ai quitté Wati B, alors que ça marche. On me demande pourquoi j’ai craché sur la réussite.

NSP : Le fait d’être en indé, ce n’est pas l’essence du rap ? Vouloir faire ce que l’on veut…

Jarod : C’est l’essence de l’artiste. Il y a des artistes de variété aussi, de ce que je sais, un type comme M Pokora, il gère un peu tout son business. J’ai vu quelques artistes qui gèrent leur business ou du moins leur entourage le fait. Moi c’est ce que je fais aussi. Je pense que c’est le mieux quand tu es artiste. Mais il faut en avoir envie. Il y a des artistes qui ne veulent pas tout gérer, ils veulent juste écrire, chanter et faire leur travail d’artiste. Après quand tu peux tout gérer c’est mieux. Ça donne une couleur complète à ton projet. C’est le tien. Par exemple, j’étais chez Musicast et j’emballais des CD avec mon équipe et ça tue. On fait vraiment tout de A à Z. Quand le projet est là et que tu es responsable de tout, c’est satisfaisant.

NSP : Dans Caméléon, vous évoquez beaucoup la trahison. C’est quelque chose dont vous avez souffert ?

Jarod : Oui, je pense qu’on vit à une époque où les gens ne sont plus très loyaux. Moi je suis à Paris, ailleurs je ne sais pas comment ça se passe. On vit à une époque où les gens sont très individualistes et matérialistes. C’est ça qui rend les gens égoïstes et peu loyaux. A partir d’un moment où il y a un peu d’argent… Il m’est arrivé des trucs de malade, de la trahison. C’est quelque chose de très présent dans ma vie. Mais peut-être parce que je suis trop naïf, trop gentil. Je pense que ça joue, c’est pour ça que j’en parle beaucoup. Mais je n’ai pas envie de perdre complètement ça. Mais il n’y a pas que ça dans l’album.

NSP : L’opus est très éclectique. Vous passez d’un morceau où très hip hop à un titre plus électro…

Jarod : Ca gêne parfois, mais moi j’aime bien. Il y a plusieurs couleurs. C’est ce que j’aime dans les albums. Le précédent album était pareil, très large. Mais celui-ci est plus abouti car lors du premier j’avais fait quelques erreurs que j’ai corrigées dans celui-ci. C’est l’expérience qui a fait que ça évolue. Je le trouve plus complet musicalement.

NSP : Quelles étaient les erreurs dans le précédent album ?

Jarod : Je ne sais pas si ce sont des erreurs, mais plus des choix. J’estime qu’il est à un niveau en dessous de "Caméléon". Il y avait des choses que je découvrais qu’aujourd’hui je maitrise. Sur l’autre, il y avait des essaies que j’ai laissé. Ils n’étaient pas forcément mauvais, mais là ce sont des choses que je maitrise. Je suis plus précis, on va dire.

"Dans les grandes villes, les gens sont des caméléons"

NSP : Vous chantez dans l’album, comme dans les précédents. Les deux styles sont liés ?

Jarod : Oui, le rap c’est du chant. Certains chanteurs qu’on ne qualifie pas de rappeurs, mais dans le rythme c’est du rap. Parfois, des types comme Brassens, Brel, c’est rap. Même Trenet. Pour moi c’est la même chose. On a peut-être dissocié le truc parce que le rap est associé à la rue, aux quartiers défavorisés. Il y a peut-être un phrasé différent, mais c’est la même chose.

NSP : Justement dans le titre BoyBoy, vous évoquez Brassens et Véronique Sanson. Ce sont des artistes que vous écoutiez ?

Jarod : Oui, dans ma jeunesse, dans les années 90. En fait ma mère écoutait beaucoup ces artistes. Elle était à son bureau, elle tapait tous les jours à la machine. Les jours où je n’avais pas école, elle m’emmenait avec elle. Je galérais, sur les premiers ordinateurs je jouais au démineur, et j’écoutais Chérie FM toute la journée. Véronique Sanson, Brassens, Catherine Lara, Vanessa Paradis… Il y en avait plein. Gainsbourg, Aznavour, Charles Trenet… J’avais la cassette ! J’aimais beaucoup.

NSP : C’est un style musical qui vous a aidé dans ce que vous faites aujourd’hui ?

Jarod : J’ai écouté de tout, pas seulement de la variété française. De la musique africaine, asiatique, du jazz, de la country, du rock, beaucoup de rap. J’ai tout écouté et je pense que ça me sert. C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai appelé cet album Caméléon. Aujourd’hui, on nous met dans des cases. On nous vend en pack. Et je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas comme ça. Dans les grandes villes, les gens sont des caméléons. Moi je suis comme ça, je parle plusieurs langues, je connais plein de gens de plein de milieux et de différents âges. J’écoute plein de musiques, j’ai fait plusieurs métiers qui n’avaient rien à voir les uns avec les autres. Donc je me dis que je suis un caméléon, et qu’on est beaucoup comme ça mais que la société ne nous laisse pas de place. C’est la société qui fait ça et je pense que c’est lié à l’ultra capitalisme. On a besoin de te vendre un truc, et pour te le vendre il faut te cibler. C’est pour ça que ça coinçait avec certaines maisons de disques, qui me disaient « c’est cool ce que tu fais mais à qui tu t’adresses ? ». J’aime ce que je fais et ce mélange, je pense qu’il y a très peu de rappeurs comme moi qui osent. Au moins, j’ai mon truc à moi.

NSP : Il y a de plus en plus de rappeurs qui s’ouvrent à de nouvelles sonorités. Notamment dans la nouvelle génération...

Jarod : Il y a quelques artistes qui ont eu ce rôle. Des mecs comme la Sexion d’Assaut par exemple qui sont arrivés dans une industrie où c’était inconcevable de faire ce qu’ils faisaient. Mais je pense qu’aujourd’hui, la majorité des artistes vont quand même faire ce qu’on accepte. Par exemple MHD est arrivé avec de l’AfroTrap, tout le monde va vouloir en faire. Mais dit lui de faire un nouveau truc, je ne sais pas s’il osera. Moi j’ose, mais dans plusieurs directions en même temps. A partir du moment où ça me plait, je le fais. C’est pour ça qu’on entend parler de moi, même si je suis en indé. Parce que parfois on entend des trucs qui choquent tout le monde et qui font polémiquer. C’est mon choix. Je pense que tous les grands artistes ont fait des choix.

Retrouvez très prochainement la suite de l’interview de Jarod sur NSP !

 

Hinde

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