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Kery James : Mouhammad Alix, le théâtre, Skyrock... Le rappeur se confie ! (EXCLU Vidéo)

Kery James : Mouhammad Alix, le théâtre, Skyrock... Le rappeur se confie ! (EXCLU Vidéo)
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A l'occasion de la sortie de son album Mouhammad Alix, Kery James a accordé un entretien exclusif à Non Stop People. L'occasion pour l'interprète du morceau "Racailles" de revenir sur sa rentrée très chargée mais également sur sa vision de la musique. Entre son prochain opus, déjà disponible en précommande, sa pièce de théâtre et son film en préparation, Kery James risque de faire parler de lui. Interview.

NSP : A plusieurs reprises vous avez annoncé vouloir arrêter le rap ou du moins prendre du recul. Qu’est-ce qui vous a poussé à ressortir un album ?

Kery James : En fait, je suis dans un projet assez global. Juste avant la sortie de cet album j’avais la tournée ACES, la tournée acoustique. J’ai lancé ce projet de bourse. En fait j’ai un projet global sur à peu près deux ans. Et le disque est une étape de ce projet. Après le disque j’ai le théâtre, ensuite j’écris un scénario. Un film qu’on tournera entre mai et juillet 2017. Le fil conducteur de tout ça c’est le propos. Par exemple, il y a eu la tournée acoustique ACES, mais ce n’est pas un coup d’épée dans l’eau puisque c’est un truc qu’on essaye de tenir sur la durée. Par exemple sur ce disque-là, chaque disque vendu on reverse 50 centimes à l’ACES, à mon association. Ce que je joue au théâtre a encore un lien avec ce truc d’éducation et de soulever le problème des banlieues. Le film aussi est là-dessus. Je ne suis pas revenu simplement pour la musique mais pour un projet global quoi.

NSP : Ce retour est différent des autres fois où vous aviez annoncé vouloir arrêter le rap. Pourquoi avoir voulu vous lancer dans le théâtre et le cinéma ?

Kery James : Quand j’étais jeune, j’ai fait deux secondes générales. A chaque fois j’avais option théâtre. Je n’étais pas mauvais, parait-il. D’ailleurs j’étais avec Reda Kateb, qui vient du 94, d’Ivry. J’ai découvert le théâtre à cette occasion-là. C’était qu’une option, mais le prof qu’on avait prenait ça assez au sérieux donc le travail qu’on faisait était assez sérieux donc je pense aussi que ça m’a servi. J’ai appris à gérer la scène, même dans la façon de rapper. C’est quelque chose qui m’intéresse à partir du moment où il y a un propos. Après je ne suis pas un passionné de théâtre, je n’y vais jamais. Je ne vais jamais au théâtre car il n’y a pas ou rarement quelque chose qui me parle ou qui me touche. Et c’est ça qu’on va essayer de ramener au théâtre du Rond-Point. Le but c’est de faire venir des gens de tous horizons. Des gens qui n’ont pas l’habitude de venir au théâtre. C’est peut-être une première pièce mais j’ai une carrière derrière moi. Ils ont confiance en moi et puis j’ai une équipe aussi. J’ai un metteur en scène qui connait son métier.

NSP : La pièce de théâtre est similaire au scénario du film ?

Kery James : J’ai d’abord écrit le scénario. Le titre du film je ne le donne pas pour l’instant mais la pièce c’est « A vif ». En fait la pièce est issue du film, mais elle sera jouée avant le film. Ce qu’on joue dans la pièce, c’est quelque chose qui est dans le film. C’est deux élèves avocats, qui se retrouvent en finale du concours d’éloquence qui s’appelle « la petite conférence ». Le sujet sur lequel ils doivent débattre c’est « L’Etat est-il seul responsable de la situation des banlieues en France ». Il est demandé au jeune noir, qui au théâtre sera interprété par moi, de répondre « non l’Etat n’est pas le seul responsable de la situation actuelle des banlieues en France. Et il appartient aux habitants des banlieues de se prendre en main eux-mêmes ». Et au jeune blanc, d’un milieu plutôt aisé de fustiger l’Etat, et d’attaquer l’Etat. C’est une joute verbale entre les deux.

NSP : Cela tourne toujours autour du thème central de vos musiques…

Kery James : C’est ça ! Même si c’est au théâtre, ça reste du Kery James. C’est « Constat Amer » et « Lettre à la république » en pièce de théâtre.

"On était en accord avec ce que les gens vivent"

NSP : Pour en revenir à la musique, vous avez déjà publié plusieurs extraits issus de votre album Mouhammad Alix (prévu pour le 30 septembre). Comment le public a accueilli ces morceaux ?

Kery James : C’était un très bon accueil. Surtout « Racailles » qui a eu un énorme succès et qui a dépassé nos espérances. C’est la preuve qu’il y a encore la place pour un rap qui dit des choses, qui défend des idées. Et qu’on était en accord avec ce que les gens vivent en ce moment, ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent.

NSP : Vous attendiez-vous à un tel engouement autour de ce morceau ?

Kery James : C’était quitte ou double. Par exemple, « Dernier MC » était un morceau aussi très très engagé mais qui n’a pas eu le même impact que « Racailles ». On ne peut jamais savoir à quel moment on va être synchro avec les gens et ce qu’ils ressentent.

NSP : C’est peut-être aussi lié aux attaques contre Skyrock à la fin du morceau…

Kery James : Il y avait aussi beaucoup de personnes qui étaient très contentes que je m’en prenne à Skyrock. Parce que les gens se rendent compte qu’ils sont loin d’être « premier sur le rap » aujourd’hui. Ils ont formaté le rap et comme je le dis dans le texte, ils en ont fait de la variété. Mon combat, ce n’est pas de m’opposer aux rappeurs qui font un rap plus léger. Mais simplement le rap avec du sens et du texte doit continuer à exister aussi. Et le problème c’est que là ils étaient en train de neutraliser le rap engagé. C’est ça le problème. Quand on a fait écouter les premiers titres de mon album, enfin moi je n’y étais pas, il (NDLR : le programmateur musical de Skyrock) a prétendu justement que le public ne voulait plus de rap engagé, et que les gens étaient dans des trucs beaucoup plus légers et dans l’air du temps. C’est ça qu’il a répondu. Et il n’était pas question pour moi de retourner en studio et de faire un rap léger comme il l’aurait commandé. Et la preuve que ce qu’il a dit était faux, c’est que « Racailles » a cartonné. Donc ça prouve bien, que quelque part il influence le public. Et que le public choisi entre ce que lui leur propose.

NSP : Selon vous, le rap conscient a toujours sa place en radio ?

Kery James : Bien-sûr ! Le challenge est là. C’est d’essayer de faire un rap qui dit des choses mais qui soit écoutable et compétitif avec les autres.

"Je ne peux pas être en accord avec la scène rap"

NSP : D’ailleurs sur votre album, on retrouve un morceau featuring Lino et Youssoupha. Qui sont un peu dans la même lignée que vous. Selon vous, ce sont les deux seuls rappeurs qui continuent dans ce style musical ?

Kery James : Non je ne peux pas dire ça, parce qu’il y a toute une scène de mecs qui sont pas dans l’auto destruction et qui ne sont pas trop connus du grand public. Un mec comme Demi Portion, il est dans un truc dans lequel je peux me retrouver. Il y a Médine aussi qui continue à être dans ce truc-là. Mais c’est vrai que les mecs « importants », qui touchent un public large et qui peuvent associer le rap dit conscient et les ventes de disques sont rares.

NSP : Dans l’album, il y a pas mal de collaboration. Il y a huit morceaux sur seize en duo. Pourquoi en avoir fait autant ?

Kery James : Par exemple j’ai fait le morceau "Jamais", c’est un des derniers que j’ai enregistré. J’ai essayé un refrain et il était pas mal. Mais je savais qu’il y avait quelqu’un qui pouvait le faire beaucoup mieux que moi et qui emmènerait le morceau plus loin que moi. Alors j’ai fait appel à NOV. Et je trouve que ce qu’il a fait était beaucoup plus efficace que ce que j’avais fait moi-même. Alors je n’allais pas dire, sous prétexte de vouloir être le seul sur mon album. Non, j’essaye de prendre des chansons et de les emmener le plus loin possible. Et si pour ça je dois faire appel à d’autres personnes, je le fais.

NSP : D’ailleurs ce morceau avec NOV est assez surprenant. Comment cette collaboration est née ?

Kery James : J’ai écouté son dernier titre, « Y’a ceux qui disent », et je me suis intéressé. Il est fort, il fait de la RnB mais il a du texte. Il maitrise la nouvelle vibe entre chant, rap et trapp. Je savais qu’il allait m’apporter quelque chose. Ce n’est pas un chanteur de variété… Je l’ai fait vraiment parce qu’il est fort.

NSP : Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur le rap ?

Kery James : Dans le rap… Ça fait longtemps que moi j’ai vraiment décroché. Depuis 1999… Après c’est un truc que j’ai en moi. Pour arriver à me remettre dans le bain et à être compétitif, j’ai plus besoin d’écouter des albums en entier. Tefa par exemple, qui produit l’album, m’a fait écouter les morceaux du moment, et j’écoute 2/3 trucs et je sais comment le faire. Quand on écoute mes textes, on voit clairement que je ne peux pas être en accord avec la scène rap français en tout cas. Le mouvement qui domine aujourd’hui et qui est plus dans l’apologie du crime, du mal et de l’autodestruction.

La seconde partie de l’interview est à retrouver très prochainement sur Non Stop People.

Par H M

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