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Le Visage du Rap - David Delaplace : "Sans Oxmo Puccino, le livre n'existerait peut-être pas" (exclu vidéo)

Le Visage du Rap - David Delaplace : "Sans Oxmo Puccino, le livre n'existerait peut-être pas" (exclu vidéo)
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David Delaplace est un photographe autodidacte de 26 ans. Il présente sa première exposition "Le Visage du Rap" à La Place, le centre culturel du Hip Hop à Paris (1er arrondissement), du 12 au 22 octobre, de 13h à 19h tous les jours. Son but : rassembler autour de ses deux passions, le rap et la photo. David Delaplace propose de découvrir les portraits de toutes les personnes qui ont fait et font aujourd’hui grandir la culture rap en France. Rencontre.

NSP : Comment est né le projet « Le Visage du Rap » ?

David Delaplace : Avant ce projet d’exposer, il y a eu le projet du livre qui est arrivé. Je me suis dit simplement que ce serait intéressant de faire un livre photo sur l’histoire du hip hop. Parce qu’il n’y en a pas et parce qu’il y a peu de livres sur le hip hop. Donc je me suis dit que ce serait très intéressant de le faire. Ensuite avec le temps, forcément je suis photographe donc l’idée de l’exposition est arrivée. Dès que j’ai eu l’opportunité de le faire, j’ai foncé tête baissée !

NSP : Par quel type de photo avez-vous commencé ?

David Delaplace : J’ai commencé par la photo de rap. Je faisais un peu de vidéo avant. Je filmais un peu tout et n’importe quoi dans mon quartier. Des bagarres, des embrouilles, des clips… Je filmais des making-of de clip. J’ai vraiment commencé dans le rap. J’ai fait deux trois photos pour mon frère, qui rappe un peu. Il y a un rappeur qui les a vus et qui m’a appelé. Je n’ai jamais travaillé avec lui mais ça m’a donné une idée. J’ai contacté plein de rappeurs, j’ai essayé d’avoir des plans par-ci par-là. Je crois que lorsque j’ai eu l’idée de faire des photos de rap, deux semaines après j’étais au Planète Rap de Sexion d’Assault, ensuite Sinik. Pour l’époque c’était bien. Aujourd’hui faire un Planète Rap je m’en fiche un peu mais c’était vraiment cool à ce moment-là.

NSP : En quelle année avez-vous commencé ?

David Delaplace : En 2011. C’est jeune, j’avais 21 ans à l’époque. J’ai eu un peu de sous qui sont arrivés, mon frère voulait quelques photos pour son Myspace. J’ai acheté un petit appareil, je lui ai fait deux trois photos, ça lui a plu. J’ai toujours écouté du rap, je me suis dit tiens ça pourrait être cool de faire des photos de rap. Je ne l’ai jamais vu comme un métier. Je n’y voyais aucune opportunité d’y faire quelque chose. Et avec le temps, je vois de plus en plus d’opportunités.

NSP : Et faire des clips ?

David Delaplace : Non pour moi la vidéo c’est quelque chose de différent. Je comprends qu’il y ait des gens qui fassent les deux. Mais moi je n’ai pas le talent de le faire. Je suis sur beaucoup de tournage. Je travaille avec beaucoup d’équipe. Je les aide sur le cadre, sur la lumière. Mais de là à réaliser un clip entièrement, je ne me sens pas la capacité de le faire aujourd’hui. Un jour peut-être, mais aujourd’hui, je ne pense pas avoir les capacités pour que ce soit vraiment beau. En fait je ne veux pas arriver avec un truc où on se dit ‘oui c’est pas mal mais il peut faire mieux‘.  Aujourd’hui, je pense que dans la photo je commence à être assez chaud, dans la vidéo je veux être chaud directement.

NSP : Comment avez-vous commencé à faire des photos ? Avez-vous pris des cours ?

David Delaplace : Je n’ai pris aucun cours ! Je pense que la meilleure formation c’est de faire. Je ne suis pas médecin, je n’ai pas voulu apprendre la médecine par moi-même. Ça ne tue personne, donc je pense qu’en essayant au fur et à mesure on peut y arriver. Il faut être très critique avec soi-même. Il faut regarder beaucoup de choses. Je pense que tu ne peux pas devenir photographe autodidacte si tu ne t’intéresses pas un minimum à la photo. Faut vraiment être intéressé, vouloir le faire et être très critique avec son travail.

Tout commence grâce à Oxmo Puccino

NSP : Aujourd’hui, est-ce qu’il y a des photographes qui vous inspirent ?

David Delaplace : Je n’aime pas trop le mot ‘inspirer’, parce que ça me fait plus penser à copier. Mais au fur et à mesure, j’ai vu beaucoup de photos. Je ne peux pas citer de photographes, parce que déjà j’ai une très mauvaise mémoire des prénoms c’est complètement fou. Mais il y a des photographes aujourd’hui avec qui je m’entends qui sont aussi dans le rap dont j’aime le travail. Donc forcément ça m’influence un peu. Parfois sur leur travail je me dis que la lumière est géniale, un jour je vais essayer de faire la même. Mais pas dans le même type de composition.

NSP : Ce projet, « Le Visage du Rap » a commencé par Oxmo Puccino…

David Delaplace : Oxmo Puccino, c’est le premier artiste qui a participé, et s’il n’avait pas participé ce livre n’existerait peut-être pas. En fait c’est vraiment une idée que j’ai comme on a plein d’idées. Comme déménager aux Etats-Unis, acheter un Food truck et vivre sa vie là-bas. Et j’ai eu cette idée-là, je me suis dit je suis photographe, j’aime le rap, ce serait cool de faire ça. Et lorsque j’ai eu cette idée, un ami m’a téléphoné, je lui ai expliqué et il m’a dit ‘je connais un pote, qui connait un pote…’ Et tout c'est arrivé aux oreilles d’Oxmo Puccino. Vingt minutes après on me rappelle en me disant ‘Oxmo Puccino est d’accord, tu vas le chercher demain en bas de chez lui’. Je suis parti le voir, je lui ai vendu le projet comme si j’avais quelques artistes déjà. Il ne l’a su qu’après qu’il était le premier, il ne l’a pas mal pris, mais du coup c’est arrivé très vite. Oxmo Puccino m’a fait comprendre qu’un tel projet pouvait être bien mais que ça pouvait être très important si c’était bien réalisé. Ça peut être important et devenir une valeur sûre sur le Hip Hop. Que les gens puissent se renseigner, que les gens puissent s’informer sur une époque qu’ils ont oubliée, ou voir des portraits sur des gens qu’on n’a jamais vus. Si Oxmo Puccino dit que c’est bien, on va peut-être essayer de le faire. Une fois que tu as dix personnes, tu ne lâches plus l’affaire. Aujourd’hui je crois qu’il y a à peu près 450 personnes.

"Phil Barney est le premier rappeur français !"

NSP : Et dans ce livre il n’y a pas que des rappeurs.

David Delaplace : En fait le livre s’appelle « Le Visage du Rap », parce que je me concentre principalement sur la musique rap. Et l’appeler « le Visage du Hip Hop », il aurait fallu détailler toutes les disciplines du Hip Hop, ça aurait fait un bouquin de 2 000 pages ce n’était pas le but. J’essaye quand même d’avoir une vision Hip Hop car le rap n’existerait pas sans. Il y a de tout, des managers, des producteurs, des graffeurs…

NSP : Il y a notamment Phil Barney dans l’ouvrage...

David Delaplace : Les gens ne savent pas forcément mais c’est MC Phil Barney. C’est le premier rappeur. Les gens le savent très peu, parce qu’il est connu pour la chanson française. Je l’ai rencontré la semaine dernière, j’ai pu un peu parler avec lui. La première fois que je demande aux gens ‘pour toi c’est qui le premier rappeur ?’ On me répond Phil Barney. Je ne sais pas quelle drogue t’as pris, mais je crois que tu t’es trompé de prénom. Une fois, deux fois, trois fois… Soit il y a beaucoup de drogués soit l’information est vraie. Donc j’ai fini par me renseigner vraiment et il s’avère que Phil Barney a travaillé dans des radios pirates. En 1981, il avait enregistré cinq jingles sur un débit vraiment rap pour une radio. Donc chaque jour avait son jingle. Et donc historiquement c’est le premier. Il est fanatique de musique afro, de jazz, de blues, de funk. C’est quelqu’un qui était très renseigné sur ça, donc très tôt il était au courant de ce qui se passait outre Atlantique. Et il en est venu à en faire en français. Après il a changé, il a fait de la musique française ça a marché. En même temps il n’y avait pas de modèle économique de rap en France, donc il n’y avait peut-être pas d’avenir dedans donc il est passé à autre chose. Si ces morceaux de chanson française n’avaient pas marché, ça aurait pu être Mc Solaar, Phil Barney.

NSP : Quel est le message que vous voulez passer grâce à ce projet ?

David Delaplace : Il y en a plusieurs. Déjà premièrement c’est l’histoire. Montrer qu’aujourd’hui si on peut écouter du rap, le voir à la télé, si cette musique la existe c’est parce qu’il y a une histoire. Cette histoire elle vient de Phil Barney, etc… Elle vient de cette époque-là et aujourd’hui ce qu’on a c’est l’évolution de tout ce mouvement. Et il y a beaucoup de choses qui sont oubliées et c’est intéressant de les raconter. Il y a une chose que j’ai vu au fil de temps, des gens des années 80, dont on entend parler dans les livres, des artistes ont commencé en écoutant leur freestyle mais qui n’ont jamais vu leur visage. J’essaye de véhiculer aussi un message positif du rap. Il y a vraiment ce défaut-là : Soprano il cartonne, musique urbaine. Il y a un clash dans le rap : des rappeurs. Dans le rock il n’y a pas ça. Un rockeur, il va, il fait un carton, c’est un rockeur. Un rockeur, il va, il prend de la cocaïne, il détruit une chambre, il coupe une chèvre en deux, c’est un rockeur ce n’est pas grave. Moi j’essaye de parler du rap en positif. On regarde dans la politique, il y a aussi des problèmes de temps en temps. Je pense que dans tout ce qui peut y avoir dans le monde on peut trouver du mauvais en chacun et trouver du bon. Je trouve qu’il y a trop souvent ce truc-là ‘le rap c’est mauvais et la culture urbaine c’est bien’. C’est très lié à l’art. Les graffeurs, dans la rue, ils se sont pris des centaines d’amendes et quand il est en galerie, tu payes 20 fois plus cher que ce que lui a payé comme amende. J’essaye de mettre tout le monde au même niveau. Si tu aimes, t’aimes, si tu n’aimes pas tant pis. On montre un peu tout.

NSP : Enfin, comment avez-vous fait pour choisir les 20 photos exposées ?

David Delaplace : Dans mon ordinateur, j’ai un book avec une photo de chaque artiste. J’ai copié ce book là, et j’ai supprimé celles que je ne voulais pas. L’exposition devait avoir lieu il y a un moment. Donc les tirages sont déjà faits depuis mai. Donc j’ai des cartouches depuis que j’aurais tellement aimé mettre… C’est la vie ça laissera lieu à d’autres expositions. J’ai vraiment sélectionné des artistes que j’aimais bien et des photos qui me parlent. Je n’ai pas sélectionné les artistes en me disant ‘lui il vend 200 000, lui 300 000’, sinon il n’y aurait que la nouvelle génération. Là, il y a des artistes dont certains n’ont jamais entendu parler et du coup mon travail il est là pour ça.

L’exposition Le Visage du Rap est du 12 au 22 octobre de 13h à 19h – à La Place, 10 passage de la Canopée 75001 Paris, l'accès est gratuit. David Delaplace est présent chaque jour pour répondre, dialoguer et échanger avec les fans de rap, de photos... Son but : rencontrer des gens !

Par H M

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  • 03 déc Britney Spears @britneyspears

    Jingle ball here we come 🎀🎀🎀🎀 https://t.co/S491PJDzWl

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  • 03 déc Bruno Mars @BrunoMars

    @Latina ayyyyeeee!!! Go mama

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  • 03 déc Britney Spears @britneyspears

    .@Tinashe thank you 💖 Hope to see you again soon, girl!!!

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