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Madame Monsieur - "Tandem" : "On ne se prend pas pour des rappeurs" (exclu)

Madame Monsieur - "Tandem" : "On ne se prend pas pour des rappeurs" (exclu)
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Le 4 novembre, Emilie Satt et Jean-Karl Lucas, qui forment le groupe "Madame Monsieur", sortiront leur EP baptisé "Tandem". En attendant vendredi, le couple a accepté de se confier en exclusivité au micro de Non Stop People. L’occasion pour "Madame Monsieur" d'évoquer "Tandem", ainsi que leurs diverses collaborations.

Vous formez un couple dans la vraie vie... mais aussi sur scène. Comment vous est venue cette envie de faire de la musique ensemble ?

Jean-Karl Lucas : En fait, notre histoire d’amour et la musique sont intimement liées. Quand on s’est rencontré, c’était il y a près de 10 ans et on a tout de suite commencé à faire de la musique.

Emilie Satt : On a même commencé par ça avant d’être ensemble.

Jean-Karl Lucas : Mais en tous cas, la musique a toujours été partie intégrante de notre histoire et de nos relations.

Comment est né le groupe "Madame Monsieur" ?

Emilie Satt : Jean-Karl a rejoint un groupe que j’avais à l’époque, on faisait des chansons en anglais. Et puis tous les deux, comme on passait notre temps à faire des chansons ensemble, on a eu de plus en plus envie de faire des chansons en français et donc on s’est extirpé tous les deux de ce groupe existant. On était quatre et on a formé un duo qui n’avait pas de nom pendant longtemps et c’était notre nom de travail "Madame Monsieur" parce qu’on n’avait pas spécialement réfléchi au nom et ça nous paraissait logique. Et puis le jour où vraiment on s’est lancé avec ces chansons on s’est dit ‘Bah on va garder notre nom de travail’ parce que c’est ce qu’il y a de plus simple et c’est ce qui nous parlait.

Jean-Karl Lucas : En fait on a toujours écrit beaucoup de chansons tous les deux, on avait beaucoup de chansons en français et on a essayé de les donner à différents chanteurs ou chanteuses et puis au bout d’un moment on s’est dit ‘Pourquoi on ne le ferait pas nous-même ?’ Donc c’était un peu ça le début de "Madame Monsieur" : l’envie d’écrire en français. On s’est tout de suite appelé comme ça. C’est un peu comme une blague mais on s’est vite rendu compte que c’était le nom parfait pour le projet parce que tout est résumé dans ces deux mots-là. Ça représente plein de choses, ça sonnait bien et puis au moins les gens s’en souviennent.

Emilie Satt : "J'ai été contactée par The Voice"

Avez-vous pensé, avant de lancer votre carrière, à participer à un télé-crochet comme "The Voice" ou "Nouvelle Star" ?

Emilie Satt : Oui, oui ! Moi c’est un truc qui m’a fascinée. Je me souviens des premières Star Ac’. Quand je rentrais de l’école j’hallucinais, j’avais trop envie d’appeler et d’y aller. C’était l’émission rêvée. Et puis après tu grandis, tu te rends compte qu’il y a pas mal de choses aussi qui sont négatives dans ces émissions-là même si je continue de regarder et que ça me fascine toujours autant. Et en fait, la véritable raison pour laquelle moi je n’ai jamais postulé, c’est que je pense que je ne suis pas douée pour ce genre d’exercice d’interpréter les chansons des autres... Je n’ai pas une grande voix moi. Je sais bien chanter nos propres chansons, mais celles des autres... Je ne suis pas la meilleure là-dedans donc je ne m’y suis pas aventuré. Ils m’ont contactée plusieurs fois pour que je vienne mais c’était non.

Vous avez refusé parce que vous n’avez pas cette volonté d’interpréter les chansons des autres, ou y a-t-il une autre raison ?

Emilie Satt : Ce n’est pas une question de volonté, c’est que je n’ai pas du tout le niveau des autres candidats en général. Ce n’est pas de la fausse modestie parce que je n’ai pas une grande voix d’interprète. Ils cherchent souvent des voix très puissantes qui sortent la note incroyable, ce n’est pas du tout moi. Et puis j’avoue que j’ai quand même pas mal de copains qui ont fait cette émission-là ("The Voice", ndlr), qui m’ont parlé de ce qui se passait en coulisses et de la façon dont ça s’organise. Moi j’étais bien dans ce que j’avais lancé. J’ai déjà mon petit parcours personnel et je n’ai pas forcément l’envie de le faire. Mais je respecte et je suis la première à regarder cette émission, même "The Voice Kids" c’est fascinant. D’ailleurs on travaille avec pas mal d’artistes qui ont fait "The Voice", notamment Manon qui était demi-finaliste avec Slimane et qui est aujourd’hui la chanteuse du Lido. Et on est en train de lui faire son album avec Jean-Karl et Medeline.

Votre EP "Tandem" sort le 4 novembre, pouvez-vous le présenter en quelques mots ?

Jean-Karl Lucas : Tandem c’est le fruit de deux ans de travail, c’est un peu le disque qui vient ponctuer une période de notre carrière, de notre vie où on a rencontré beaucoup de gens, on a beaucoup bossé dans l’urbain, avec des rappeurs. On avait cette envie d’inviter certains rappeurs sur notre projet. Et puis aussi plus globalement pendant deux ans on a fait beaucoup de chansons, pour nous, qui étaient très inspirées par l’urbain. Il y a des featuring avec Jok’Air de la MZ, S.Pri Noir, Disiz, Youssoupha, Dinos Punchlinovic, Ibrahim Maalouf pour le côté plus jazz. Il y a des chansons où on est tout seuls mais avec des sons urbains...

Emilie Satt : Pour nous l’urbain c’est quand même la modernité, avec un peu d’électro. L’EP c’est vraiment 10 titres avec pour moitié des featuring et moitié de titres qu’à nous, plus pop mais toujours avec une touche d’urbain.

"On ne dira jamais qu'on fait du rap"

Quel est le titre dont vous êtes le plus fiers ?

Jean-Karl Lucas : C’est compliqué ! C’est comme choisir son enfant préféré. Disons qu’on est content de tous les titres, mais c’est vrai que "Morts ou vifs" a été particulier. On est vraiment fiers du rendu final, après ça appartient à chacun d’aimer ou pas le rendu. Mais la rencontre entre ces trois univers : le nôtre, celui de Jok’Air de la MZ, groupe de rap parisien qui vient d’une cité du 13ème arrondissement de Paris et Ibrahim Maalouf franco-libanais qui vient du jazz, virtuose de la trompette... Ça c’est vraiment une fierté d’avoir réussi à réunir ces trois univers-là et que ça fonctionne artistiquement et musicalement. Je ne crois pas que quand on écoute le morceau on se dise ‘Ah ça fait fabriqué’. Ils ont chacun mis quelque chose d’eux dans un projet commun et ça se ressent vachement, on en est vraiment fiers. Et puis c’est aussi pour montrer que c’est possible. Ce n’est pas parce qu’on vient d’horizons différents, et même musicalement d’univers différents que l’on ne peut pas s’unir.

Emilie Satt : Ce morceau résume exactement notre démarche. Les barrières, enfin ce qu’on pense être des barrières, n’en sont pas. On croit qu’Ibrahim Maalouf n’acceptera jamais de travailler avec nous ou avec Jok’Air finalement il est d’accord. Jok’Air c’est pareil il a été super curieux, il avait envie de chanter. Moi je me découvre un flow. Et finalement tout ça mélangé c’est exactement ce qu’on essaye de faire en général avec "Madame Monsieur".

Vous parlez de "barrières", avez-vous été bien intégré dans le milieu du rap ?

Jean-Karl Lucas : On n’est pas dans le rap, on ne se prend pas pour des rappeurs, on ne dira jamais qu’on fait du rap. On ne dira jamais non plus qu’on est intégré au milieu du rap. Les gens qui viennent travailler avec nous sont des gens qui sont ouverts, curieux donc forcément ça se passe très bien. Franchement on a fait que des super rencontres. Ils sont parfois loin du cliché qu’on se fait des rappeurs. Nous ce qui nous intéresse, que ce soit des rappeurs, des jazzmen ou des rockeurs, c’est qu’on est tous des musiciens et que lorsqu’on se retrouve dans un studio ça crée une énergie immédiatement. Après c’est marrant d’être invité dans des émissions qui parlent de rap. On est allé à La Cigale pour le concert de la Fondation Abbé Pierre avec que des rappeurs. On connaissait quasiment tout le monde...

Emilie Satt : ...et surtout tout le monde nous connaissait ! C’était assez cool ça !

Jean-Karl Lucas : En fait, il y a un respect commun.

"On a rencontré Ibrahim Maalouf grâce à Nagui"

Comment avez-vous pensé à cette association entre la pop/électro et le rap ?

Jean-Karl Lucas : C’est venu d’une envie de moderniser nos chansons et c’est surtout né de notre contrat avec Medeline, nos producteurs qui réalisent tous nos titres et eux ça fait très très longtemps qu’ils sont dans l’urbain. On a commencé à bosser avec eux et ça nous a tout de suite plu, mais ça a aussi ouvert nos horizons. C’était super inspirant. C’était un bol d’oxygène pour nous.

Emilie Satt : Sur notre première collaboration, celle avec Youssoupha sur "Smile", on s’est rendu compte avec Medeline qu’un morceau qui était à la base un peu plus pop pouvait parler, et même être un coup de cœur pour un rappeur qui l’a carrément adopté et même pris avec lui sur son album. Ça nous a mis en lumière et ça a fait que d’autres personnes sont venues nous voir et c’est là qu’on s’est rendu compte que ce n’est pas seulement nous qui pouvions apporter des refrains à leur univers. Ça peut aussi être eux qui nous inspirent dans la façon d’écrire, le choix des sons, la palette de couleurs. Ca élargit le champ de vision.

Jean-Karl Lucas : C’était une exploration en fait.

Vous faites les premières parties d’Ibrahim Maalouf en ce moment, quels sont vos rapports avec le trompettiste ?

Jean-Karl Lucas : Super rapports. On s’entend très très bien. Il a accepté de jouer sur le morceau "Morts ou vifs", il a accepté de venir faire une session live filmée qui va sortir dans les semaines qui suivent, il nous a invités à faire ses premières parties, normalement on va faire une promo avec lui aussi prochainement...

Emilie Satt : Il est super parce qu’il est très spontané. Il fait ce dont il a envie. Et ça se passe super bien. Sur scène il nous ramène avec lui à la fin pour qu’on fasse un salut général avec tous ses musiciens.

Jean-Karl Lucas : Ibrahim Maalouf c’est l’exemple type du musicien qui ne reste pas figé sur ses acquis et a envie d’aller voir comment ça se passe ailleurs, qui n’a pas de préjugés. Et nous ça nous intéresse de bosser avec des gens comme ça, quand en plus ils ont du talent ! Et avec Jok’Air c’était exactement pareil : il est ouvert, il avait envie de faire autre chose...

Avez-vous été mis en contact avec Ibrahim Maalouf par le biais de vos producteurs comme pour les autres artistes avec lesquels vous avez collaboré ?

Emilie Satt : Non ! Un soir on a allumé la télé et on est tombé sur "Taratata". Il y avait Ibrahim Maalouf qui jouait "Red and black lights". On était en train de finir "Morts ou vifs" et je dis à Jean-Karl : "Ce serait super qu’Ibrahim Maalouf, hyper talentueux, vienne sur notre morceau". Je me suis dit que c’était la couleur qui manquait sur le morceau. C’est un peu comme une cavale moderne "Morts ou vifs" et je trouve que la trompette apporte une dimension cinématographique au morceau. Là-dessus, j’ai écrit à Ibrahim Maalouf sur Facebook...qui ne m’a pas répondu parce qu’il n’a pas vu le message, il en reçoit beaucoup trop. J’ai essayé d’avoir un contact avec lui et finalement c’est grâce à Nagui. Je l’ai vu à France Inter pour une promo, je lui en ai parlé parce que je savais qu’ils étaient potes.

"On aime beaucoup Nekfeu"

Vous avez repris "Egérie" de Nekfeu qui a fait le buzz sur la Toile. Nekfeu vous a-t-il contacté après ça ?  

Jean-Karl Lucas : Non, il ne nous a pas contactés ! Il a tweeté mais on n’a pas eu de ses nouvelles. Mais je sais qu’il nous connait et qu’il a écouté parce que S.Pri Noir fait toute la tournée avec lui, il lui parle de nous régulièrement... Mais pour l’instant on n’a pas été amenés à se rencontrer. Je ne désespère pas. On aime beaucoup Nekfeu et si on pouvait le retrouver dans un studio ce serait super.

Avec quels autres artistes aimeriez-vous collaborer ?

Jean-Karl Lucas : Alors franchement... Le plus important pour nous c’est l’humain, ce qui se passe quand on se rencontre. Moi je veux bien rencontrer tout le monde. Nous on est hyper ouverts.

Emilie Satt : Que ce soit dans l’urbain ou dans un autre style...

Vous parliez de rockeurs tout à l’heure...

Jean-Karl Lucas : Oui, pourquoi pas ! Un featuring avec Tina Turner (rires).

Avez-vous d’autres projets après la sortie de "Tandem" ?

Emilie Satt : Un album, ça c’est sur, il est déjà bien bien entamé, on a beaucoup de titres. Pour la tournée, on commence. On vient de signer avec un tourneur, d’ailleurs le 15 novembre on sera à la Boule Noire et c’est notre concert à nous qu’on partage avec une artiste qu’on adore qui s’appelle Lili Poe. C’est une sorte de release party. On aura aussi une date en décembre. Avant on reprend la tournée avec Ibrahim Maalouf, notamment au Zenith le 3 décembre. Et l’album peut-être pour le printemps ou la rentrée prochaine. Mais on aimerait bien qu’il sorte vite, il est presque prêt.

Voici le tout dernier clip de Madame Monsieur - Partir

Par L M

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  • 07 déc Non Stop People @NonStopPeople

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  • 07 déc Non Stop People @NonStopPeople

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