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S.Pri Noir : "Les gens ont compris que le rap était du divertissement" (EXCLU)

S.Pri Noir : "Les gens ont compris que le rap était du divertissement" (EXCLU)
Hinde / Non Stop People
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Non Stop People a rencontré S.Pri Noir à l'occasion de la sortie de son EP "Le Monde ne suffit pas". Ce jeune rappeur parisien revient avec beaucoup de passion sur son environnement, son amour pour le football ou encore les relations entre les femmes et les hommes. S.Pri Noir a l'air d'une personne très sombre mais cache en réalité une envie de combattre les injustices. Que ce soit dans ses morceaux ou encore dans ses apparitions, le rappeur assume son côté militant. Rencontre.

NSP : Ton album est très « dark », très sombre. Certains thèmes ramènent très brutalement à la réalité…

S.Pri Noir : C’est marrant que tu me dises ça. Il y a beaucoup de monde qui me dit que j’ai l’air de quelqu’un de sombre, alors que je ne le suis pas. En fait, peut-être que dans ma vie je suis tellement positif, j’essaye de positiver un maximum, même pour mes potes, ma famille… Que toute ma négativité, je la sors dans mes sons. Parfois je peux faire des sons un peu plus joyeux.

NSP : Les thèmes que tu abordes sont principalement la prison, les trafics, la situation des jeunes dans les quartiers difficiles. Ce sont des choses que tu vis ?

S.Pri Noir : C’est mon environnement. Je vis avec, je ne m’en plains pas, dans mes sons non plus. Mais peut-être que j’ai besoin d’évacuer ça, d’expliquer ce qui se passe autour. Peut-être aussi raconter mon expérience et ma position dans cet environnement-là. Peut-être que mon expérience, ou par mes réussites, ça va aider certaines personnes d’évoluer ou de se dire qu’il y a moyen de faire des choses. Après je te dis ça post-écriture. Avec du recul, je retranscris la vie de mon entourage.

NSP : J’ai lu dans une interview que tu n’avais pas fait écouter tes sons à ta mère. Peut-être parce que justement les thèmes sont trop sombres ?

S.Pri Noir : Je ne sais pas si elle va tout comprendre. Il y a des choses dont elle n’est pas forcément au courant, que ce soit sur mes amis ou sur moi. Mon but, c’est de faire un ou deux sons qu’elle pourra écouter. Elle peut écouter, mais c’est juste une question de pudeur. Ce serait dommage de découvrir des choses par rapport à un son. C’est mieux que l’on se parle. Il y a des choses dont tu n’es pas forcément fier et où tu préfères que ta mère ne soit pas au courant.

NSP : C’est marrant d’avoir cette pudeur envers ta mère, mais pas envers les gens, que tu ne connais pas, qui peuvent être amenés à écouter ton album.

S.Pri Noir : Parce que c’est la personne qui m’a éduqué et qui m’a donné des principes. Je ne veux pas qu’elle se dise qu’elle a échoué ou qu’elle se remette en question. Parce que ce n’est pas le cas. C’est ça qu’il faut retenir.

NSP : Au-delà des thèmes sur les drogues, la prison, les filles qui twerkent…

S.Pri Noir : Mais tu sais, c’est une réalité en fait. Moi, dans mes textes, je suis quelqu’un de respectueux envers les filles. Même les femmes qui n’étaient pas mes officielles, j’ai toujours été respectueux. Après il y a des constats. Comme les filles vont dire que les garçons sont des menteurs. Dans un texte, je disais : « Nos relations avec les keufs sont souvent tendues, celles avec les meufs remplies de bluffs, de sous-entendus. C'est souvent l'temps du : "Je t'aime, mais on s'entend plus" T'étais le A, devenue le B, désormais t'es mon plan cul ». (NDLR : Nakk Mendosa feat. Ladea et S.Pri Noir). En fait cette phrase résume le truc, il y a des réalités. Parfois tu vas rencontrer des filles avec qui tu vas faire un bout de chemin. Parfois, d’un commun accord, ça va être juste un plan d’un soir. Après les filles qui twerkent sur des banquettes c’est une réalité. Moi je n’ai pas dit que j’aime ça mais je pourrais te dire oui ou non. Franchement, ça ne me rend pas ouf, je préfère une fille timide avec du mystère. C’est un constat, si tu regardes les snapchat ou les trucs comme ça…

"J’aimerais que mon fils soit footballeur"

NSP : Au-delà de ces thèmes-là, tu parles beaucoup de football. C’est ta première passion et une activité que tu as pratiqué.

S.Pri Noir : J’ai commencé le football vers 5 ou 6 ans. J’ai arrêté à 20 ans. 14/15 ans de football a plus ou moins haut niveau. J’ai toujours été fan du PSG, depuis mes 6 ans. Je regarde beaucoup de matchs, j’aime le football et j’aurais voulu être footballeur. J’aimerais que mon fils soit footballeur. Je n’ai pas encore d’enfant, mais j’en rêve.

NSP : Dans tous tes morceaux, ou presque, tu évoques le football. Dont une phase en particulier sur Willy Sagnol (60G / Le Monde Ne Suffit Pas). C’était important de revenir sur cette polémique ?

S.Pri Noir : Ça m’avait choqué, surtout venant de lui. Parce que c’était un joueur de football que j’appréciais. Et quand tu apprécies quelqu’un et qu’il dit quelque chose qui te fait mal, ça te pousse encore plus à t’exprimer. Il a eu le malheur de tomber sur un schéma de rime en « -ol ». Je voulais en parler, mais si tu n’es pas en interview, c’est compliqué. Je voulais en parler parce que c’est grave ce qu’il a dit. C’est comme l’affaire des quotas. Ce qui est dommage c’est qu’en France, quand il arrive des choses comme ça, en parlant des Africains ou quoi c’est souvent balayé. On en fait une petite polémique quand même mais je pense que sur d’autres communautés, ça aurait été un peu plus grave pour lui. Il aurait eu beaucoup plus de sanctions. Le match après la polémique, ces joueurs même africains, sont venus célébrer leur but avec lui. Je pense qu’il y a un peu de maladresse dans ses propos, mais je m’en fiche en vrai. Il l’a dit. Au final c’est un adulte, s’il était plus jeune on aurait pu dire que c’est une maladresse. Mais il a gagné des titres avec des noirs dans son équipe, ou des maghrébins. Il en dirige, il y a des petits aussi. Avec des paroles comme ça, ça crée directement des distensions. Donc pour moi c’est grave, et je ne cautionne pas.

NSP : Du coup tu as suivi le scandale de la FIFA ?

S.Pri Noir : Oui j’ai suivi. J’étais en Corse pour un clip, j’ai allumé la télévision et j’ai vu. Ça ne m’étonne pas. On sait qu’il y a des magouilles, dès que ça touche de près ou de loin à la politique. C’est un peu mafieux. Ce sont les mafieux en col blanc. La FIFA, il y a beaucoup d’argent…

NSP : Pour revenir un peu plus à toi, tu as participé à une mini-série basée sur les tweets du procès de Zyed et Bouna…

S.Pri Noir : C’est Elsa de « Basket Blanches » qui m’a contacté. Je n’ai pas hésité parce que c’est quelque chose qui m’a marqué. Déjà bon la mort des enfants, et de deux à partir de là il y a eu des émeutes. C’était une période marquante. La mort des enfants s’est faite dans des circonstances qui auraient pu m’arriver ou à l’un de mes amis. Parce qu’on est souvent confronté au contrôle de police, dans les quartiers. On a fait appel à moi, je me suis dit que c’était bien d’y participer.  

NSP : Avais-tu suivi l’affaire à l’époque ?

S.Pri Noir : Oui j’avais suivi, mais je n’étais pas au courant de tout. On a suivi l’affaire comme ça, « Zyed et Bouna sont morts, à cause d’un contrôle de police ». Après je n’ai pas eu plus de détails. En plus, les émeutes ont un peu étouffé tout ça. Au final tu ne sais pas ce qui s’est passé. Quand j’ai découvert le script, j’ai compris l’histoire. Tu découvres tout, et c’est bien de savoir.

"Le rappeur ne doit pas forcément donner un exemple"

NSP : Il y avait aussi, comme rappeurs, Youssoupha et Disiz sur cette mini-série. On demande souvent aux rappeurs d’être un exemple pour les jeunes. Est-ce que tu penses que c’est à vous de faire ça ou au contraire, tu te dis que tu ne dois pas forcément montrer la voie aux autres ?

S.Pri Noir : C’est compliqué. Je me dis qu’en fait, c’est un cliché qui s’est installé. « Le rappeur doit forcément avoir un message ». C’est de la musique, c’est du divertissement, d’abord. Après tu as des gens qui se divertissent en ouvrant un livre, comme d’autres le font avec un disque de rap. Je parle notamment du rap conscient. Tu peux te divertir en t’instruisant. Et tu peux te divertir en faisant « n’importe quoi ». Pour moi, le rappeur ne doit pas forcément être un exemple mais tu peux donner de la force à des causes, parce que t’es quand même la « voix du peuple ». Du peuple des quartiers, ou parisien, ou de l’Île-de-France. Mais si tu peux, il faut le faire. Maintenant ce n’est pas obligatoire pour moi, un rappeur fait ce qu’il veut.

NSP : Et toi tu le ressens comment ?

S.Pri Noir : Moi je suis comme ça. Je suis un militant. Même à l’école je l’étais. Je n’ai jamais voulu être délégué mais je n’étais pas du genre à laisser passer les injustices. Au travail c’est pareil. S’il y a quelque chose qui ne me plait pas je le dis. Si je peux le faire, je le fais.

NSP : Le rap est devenu un des styles musicaux préférés des Français. Dans les ventes, les rappeurs dominent souvent. Tu trouves que c’est positif ?

S.Pri Noir : C’est très positif. Il y a des mecs comme Maitre Gims ou Stromae qui sont issus de la culture hip-hop, qui dépassent le million. Quand il y a des sorties rap, on le remarque. Les générations grandissent. Ceux qui écoutaient du rap dans les années 90, aujourd’hui ils ont 40 ans, forcément le panel des écouteurs de rap est plus développé. Bientôt on rattrapera les Etats-Unis en termes de culture. C’est ce qui est important. Elle est encore en train de se faire la culture hip-hop.

NSP : Et il y a de plus en plus de filles qui écoutent du rap… Même si parfois les femmes ne sont pas forcément bien décrites dans les morceaux.

S.Pri Noir : Tu sais parfois, il y a des petites de 7 ans, qui répètent des paroles assez dures. Mais c’est du divertissement, faut le prendre au second degré. Je pense que les filles, les sons les plus « sales », elles les connaissent par cœur. C’est pareil aux Etats-Unis. Mais c’est bien parce que ce veut dire que les gens ont compris que le rap était du divertissement. Quand un rappeur parle d’une meuf en mal, c’est sur l’instant T. Tu écris par rapport à une histoire bien précise. Sauf que ce son est fait pour s’inscrire dans la longueur. Je trouve que c’est bien que les femmes prennent les paroles au second degré. Ça évolue, les gens comprennent que c’est du divertissement.

"Un vrai album, c’est comme un films, il y a plusieurs émotions"

NSP : J’ai également lu que tu rêvais de faire un duo avec Youssou N’Dour ou Jhene Aiko. Ce sont deux artistes assez différents…

S.Pri Noir : C’est vrai que ça n’a rien à voir, mais en vrai ils pourraient être sur le même morceau. Youssou N’Dour avait fait un duo avec Neneh Cherry à l’époque. C’est opposé de base, dans les styles musicaux. Mais j’écoute de tout. C’est d’ailleurs quelque chose qu’on peut me reprocher, dans le milieu. On me répète souvent « tu n’as pas de ligne directrice, artistique ou un courant musical dans lequel tu t’inscris ». Moi je n’ai pas envie de ça. J’écoute plein de morceaux, et j’ai envie de faire plein de choses. Même au niveau des featurings, si je peux inviter plein d’univers différents, je le fais. Il y a un album que j’aime particulièrement c’est « La Fierté des Notres » de Rohff. Dans cet album, il passe d’un courant musical à un autre, et c’est frais. C’est comme si tu passais d’un pays à un autre ou d’une ambiance chaude à une ambiance froide. C’est comme un film, il y a plusieurs émotions. Et je pense que c’est ça pour moi un vrai album.

NSP : Les rappeurs font de plus en plus attention à la musicalité de ce qu’ils produisent. On l’entend notamment sur l’album de Sneazzy, qui est très différent musicalement.

S.Pri Noir : C’est ça. Lui pour le connaître un peu, il écoute plein de trucs. Quand tu es ouvert, forcément ton projet le sera aussi. Même Nekfeu, son projet est éclectique. Un mec comme Youssoupha aussi c’est musical. Parce que tu sens qu’il a eu des influences diverses. Moi personnellement c’est ce à quoi j’aspire et que j’essaye de faire. Après tu as par exemple un mec comme Lacrim. Ça va tirer que dans un sens, mais c’est bien fait. C’est bien quand t’es dans une ambiance, tu le mets c’est parfait. Ça aussi ça marche. Mais après selon ta personnalité tu choisis ton axe de direction. Moi je suis plus dans l’éclectique. Rares sont les gens qui n’écoutent que du rap, surtout chez les rappeurs.

NSP : Mardi tu seras à la Boule Noire. Comment tu te sens pour cette scène ?

S.Pri Noir : Je suis pressé ! La scène c’est l’aboutissement de plein de travail. Mais au final c’est ce que tu travailles le moins. Parce que tes morceaux sont déjà là. Juste tu fais tes morceaux en live et tu partages avec le public. C’est mortel de voir les gens en interaction. Faire cette date, en faire d’autres, des salles plus grandes…

NSP : Il y aura des surprises pour ce concert ?

S.Pri Noir : Il y aura des guests. Il y aura des gens du Wati B, peut-être Dr Beriz. Surement Youssoupha… Il y aura du monde.

 

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