TV

Bernard-Henri Lévy : "Je suis un juif heureux"

   / 7  
Berbard-Henri Lévy sort son film
1
Berbard-Henri Lévy sort son film "Pehsmerga" durant lequel il suit le quotidien des combattants kurdes contre Daesh
Bernard-Henri Lévy a dénoncé l'horreur que Daesh fait vivre aux Kurdes
2
Bernard-Henri Lévy a dénoncé l'horreur que Daesh fait vivre aux Kurdes
Bernard-Henri Lévy sur France 2 dans l'émission
3
Bernard-Henri Lévy sur France 2 dans l'émission "Vivement Dimanche"
Bernard-Henri Lévy, philosophe français
4
Bernard-Henri Lévy, philosophe français
Bernard-Henri Lévy en 2011 lors d'un discours sur la crise au Moyen-Orient
5
Bernard-Henri Lévy en 2011 lors d'un discours sur la crise au Moyen-Orient
Bernard-Henri Lévy est marié à l'actrice Arielle Dombasle depuis 1993
6
Bernard-Henri Lévy est marié à l'actrice Arielle Dombasle depuis 1993
Bernard-Henri Lévy en avril dernier au palais de l'Elysée
7
Bernard-Henri Lévy en avril dernier au palais de l'Elysée
  • A-
  • A+

Ce samedi matin, Bernard-Henri Lévy était l'invité d'Anne Sinclair sur Europe 1 pour évoquer la sortie de son tout nouveau livre baptisé "L'esprit du judaïsme". Si le philosophe, partisan d'une intervention en Libye, est revenu sur la situation du pays, il a également confié être "un juif heureux". Non Stop People vous en dit plus.

Sept mois après son étonnante révélation sur sa femme Arielle Dombasle, Bernard-Henri Lévy a récemment publié son trentième ouvrage baptisé "L'esprit du judaïsme" publié aux éditions Grasset. Dans les pages de ce livre, le philosophe revient, entre autres, sur ses prises de positions, sa condition de juif en France et évoque l'antisémitisme. Jeudi dernier, au micro du Figaro, Bernard-Henri Lévy se confiait sur sa religion... et celle de sa petite soeur Véronique, née juive et désormais convertie au christianisme. "Nous sommes restés très proches et elle demeure - est-il besoin de le préciser ? - ma petite sœur chérie. Mais j’avoue que je n’ai pas compris. J’ai lu son livre (ndlr : 'Montre-moi ton visage, 2015). Il est beau. Mais, avec cette volonté de sauter les degrés, de courir à la conclusion qu’est la communion, avec cette façon de brûler les étapes pour arriver, en avance, au 'Arrive Feu' de Hölderlin, elle se situe dans un imaginaire qui n’est tout à coup plus le mien".

"Il y a eu tellement de juifs malheureux"

Et d'ajouter : "J’essaie de la mettre en garde contre la radicalité où elle me semble, parfois, tentée de s’engager. Mais je ne suis pas sûr que nous nous comprenions encore. Au stade où elle est parvenue, seule une dispute à l’ancienne, une disputatio, pourrait peut-être permettre d’y voir clair. Je ne sais pas". Pour rappel, en mars dernier, cette dernière se confiait dans les colonnes de Paris Match sur son rapport à la religion. "Je suis mariée au Seigneur (...) J’ai aimé les hommes, j’ai été coquette et séductrice, mais aujourd’hui, même mon corps lui appartient. Je vis une relation d’amour fou avec Lui". Invité ce samedi matin sur Europe 1 face à Anne Sinclair, Bernard-Henri Lévy a évoqué la Libye avant de revenir sur la notion de "peuple élu", qui fait la spécificité du judaïsme. Et d'ajouter : "Si j'ai une identité, elle est heureuse, par rapport au judaïsme. Je suis un juif heureux. Il y a eu tellement de juifs malheureux (...) L'identité douloureuse, malheureuse, c'est vrai que ça a été un élément de l'existence des juifs pendant si longtemps. Je me rejouis de voir aujourd'hui tant de juifs qui sont juifs de manière heureuse et je suis l'un d'entre eux. Je suis un juif heureux".

Par Non Stop People TV

Réagissez à l'actu people 4
Par Jasmin | le Samedi 06 Février - 13:44
Pas d'accord. ...
Plutôt un sioniste heureux.
1
Par durandal | le Mardi 09 Février - 17:03
....
C'est comme les c(o)ns..
1
Par Marcelle 51 | le Lundi 15 Février - 18:13
Bravo Mr Bernard-henri Levy
Bravo Mr Bernard-henri Levy je vous adore et soyez fier de ce que vous êtes
-2
Par Bernard | le Dimanche 21 Février - 16:01
BHL et L’esprit du judaïsme… Pourquoi pas esprit de l’universali
BHL et L’esprit du judaïsme… Pourquoi pas esprit de l’universalisme ? Que cherche Bernard-Henri Lévy avec son Esprit du Judaïsme ? Encourager l’esprit communautaire des juifs ? Nous apprendre que la culture française est redevable aux juifs ; mais alors qu’est-ce que cela doit changer dans notre attitude quotidienne ? Faut-il relire Proust en considérant l’influence fondamentale de la pensée juive sur son œuvre ? Vient-il de découvrir que notre culture s’est construite grâce à une multitude d’influences et qu’elle a intérêt à s’enrichir de ce brassage si elle veut tendre vers un certain universalisme ? Veut-il nous faire croire qu’Israël est un état laïque, un îlot de stabilité, respectueux des palestiniens et de toutes les communautés, qui lutte pour la paix dans le monde ? Il explique qu’une des causes principale de l’antisémitisme est la haine d’Israël ; mais n’y-a-t-il pas une haine exprimée par les dirigeants d’Israël ? Ne doit-on pas avoir une haine de cette haine ? Peut-on être satisfait de l’état d’Israël tant que le problème palestinien n’est pas réglé ? Un intellectuel ne devrait-il pas plutôt défendre une laïcité, une universalité de la culture et une ouverture des frontières ? Ne serait-il pas plus important de sauver la culture de l’utilisation frauduleuse, bassement moraliste et fanatique, qu’en font les religieux ? Le respect exige un minimum de discrétion ; la discrétion est une vertu ; un intellectuel ne devrait-il pas inciter les croyants à vivre de façon plus intime leur croyance sans l’afficher de manière ostentatoire ? Sans faire un prosélytisme agressif ? BHL ne devrait-il pas faire passer ce message à sa communauté en même temps qu’à toutes les autres ? Ce qui est regrettable c’est que BHL présente dans son livre une croyance religieuse des plus primaire, prenant à la lettre la légende de Moïse, incapable de décrypter une allégorie poétique qui ne parle que des hommes et qui devrait servir à approfondir la pensée au lieu de la ridiculiser. C’est très regrettable pour un intellectuel ayant un tel charisme qui ne cherche qu’à ramener l’homme à son passé le plus animal qui soit…Son livre a de quoi faire honte à tous les juifs capables de s’élever un peu au-dessus des écrits qui fondent leurs croyances. On pourrait avoir un peu d’espoir quand BHL écrit : « Je crois à cette beauté, cette puissance poétique extrême du judaïsme. » mais on retombe bien bas quelques lignes plus loin lorsqu’il parle de son rêve messianique réalisé et lorsqu’il veut « s’arracher à la pâte humaine pour se mettre en chemin vers l’ange » et attendre le Messie ; n’est-ce pas là la plus primaire des religiosités. Comment peut-il affirmer encore : « Je crois que, comme le christianisme auquel la civilisation occidentale doit d’être sortie des cercles de l’enfer païen et d’avoir accouché de l’idée de personne formée à l’image de Dieu et, pour cela, dotée de droits ; le judaïsme ne fut pas moins émancipateur, politiquement qu’il ne fut prodigue en splendeurs. » BHL veut-il jouer à l’inquisiteur en nous disant qu’il faut le suivre pour sortir des cercles de l’enfer païen remercier le judaïsme qui aurait permis l’émancipation de la France et de l’Europe en favorisant un bond en avant de notre esprit. Joue-t-il l’inquisiteur en nous demandant d’être comme le peuple élu, « réceptif et ouvert à la parole de Dieu et d’une fidélité inconditionnelle ». Merci l’inquisition, merci l’obscurantisme, merci la censure religieuse, merci l’intolérance, puisque toutes ces merveilles de la religion ont permis notre émancipation. Veut-il nous donner une leçon de catéchisme judaïque ? Veut-il nous imposer une culture kascher ? Il parle peu de Spinoza et il se garde bien de dire comment Spinoza fut excommunié et privé de toute relation avec sa famille simplement parce qu’il essayait de penser. S’il est un philosophe effectivement qui a osé ouvrir la porte à une nouvelle philosophie c’est bien Spinoza mais s’il a fait cela c’est justement en se libérant des lois castratrices du judaïsme. Où est donc la nouvelle philosophie ? Celle qui serait enfin capable de faire une belle synthèse de toutes nos connaissances tirées directement des choses qui nous entourent et qui soit suffisamment adulte pour se libérer des croyances répandues pour soumettre et écraser encore plus la nature humaine. Et voilà que BHL se prend pour Jonas craché par sa baleine et partant à la conquête de Ninive, la Ninive ukrainienne et la Ninive Libyenne Pourquoi se complet-il à aller déterrer l’antisémitisme idiot dans la mémoire de tous nos ancêtres ? Pourquoi cette religion du souvenir ? Pourquoi attiser encore plus cette compétition des victimes, d’une part en disant qu’elle est une des causes de l’antisémitisme, mais quelques lignes plus loin en expliquant clairement les spécificités de la Shoah. Il répète que le diable est dans les nuances et finit par dire que les génocides du Rwanda, des Khmers rouges, des Arméniens sont moins terribles que celui des juifs. Tout génocide, tout meurtre xénophobe n’est que barbarie atroce ; ils méritent tous pareillement notre horreur et notre haine de la haine. J’ai envie de me laisser envahir par l’émotion quand BHL écrit qu’être juif, « dans l’existence, par intermittence, ce sont des clartés, des lueurs d’aiguille, des miroitements perlés, presque incongrus » « se révéler dans son harmonie capitale … dans cette nudité heureuse » Pourquoi ne pas chercher cette nudité heureuse de notre humanité nous aidant à comprendre comme le dit si bien Jacques Brel que nous ne sommes pas des Dieux, nous sommes beaucoup mieux, nous sommes des Hommes. C’est cette nudité-là que devrait rechercher un philosophe digne de ce nom au lieu d’habiller l’homme de parures qui lui cachent sa vraie et belle nature. Viendra-t-il un jour où l’homme croira à l’infini beauté de sa propre nature ? Voilà un croyant digne de l’humanité. Que signifie : « Renoncer à l’idolâtrie et accéder à la connaissance de Dieu » moi j’ai l’impression que ce que les religieux appellent idolâtrie c’est l’art et la culture païens en général. Alors « se purger de cette boursouflure qui est le contraire de la vraie grandeur » je crains fort que cela signifie se défaire de toute la culture et les fanatiques juifs deviennent aussi barbares que Daesh. Je voudrais bien vous suivre dans cet « espace nouménal » et ce « temps incurvé » j’approuve votre dite « indéfectible croyance en l’universalité de la déclaration des droits de l’homme » mais je crains que cette universalité soit écorchée par votre « inflexible fidélité à votre nom juif » lorsque vous écrivez que « rien de ce que vous avez fait, vous ne l’auriez fait si vous n’aviez pas été juif. » Être homme ne suffisait donc pas ? Je suis inquiet. Vous vous enfoncez encore quand vous écrivez « un juif n’est pas un juif si, à sa manière, qui n’est jamais celle d’un chrétien, il ne va pas chercher l’humain dans sa défaite. » Comment osez-vous une telle affirmation de cette différence fondamentale entre l’être juif et l’être chrétien ; en est-il un plus humain que l’autre. J’ai peur ! Vous faites passer pour une vérité mathématique quelque chose qui me semble beaucoup plus subtil et tout aussi évanescent que la chair et l’âme humaine quelle que soit la pensée religieuse ou païenne qui les contienne. Etant de mon côté indéfectiblement antimilitariste je ne peux pas juger si vous avez évité ou provoqué un carnage en intervenant comme chef de guerre en Ukraine et en Libye. Je pense qu’un philosophe a plus à faire par la diplomatie que par la lutte armée. Vous dites « Vouloir accomplir la mission prophétique de Jonas » j’ai tellement peur de tous ceux qui se prennent pour des prophètes et qui se croient élus pour accomplir une mission divine. « Serf par la racine, libre par la loi » écrivez-vous ; si vos racines vous rendent esclave sachez-vous libérer et grimpez dans les branches vivantes et actuelles de cet arbre. Vous parlez de cette « nécessité pour l’être-juif, sous peine de perte de sens, de regarder vers l’autre » voilà qui me plaît ; sauf qu’elle ne devrait pas être réservée au juif mais à tout homme humain. Puis vous ajoutez « s’exposer à son dehors » là encore vous vous enfermez, vous vous isolez, vous créer une frontière entre vous et cet autre-là. « L’autre fait de mêmeté et d’altérité » voilà qui me plait. Ainsi vous parlez de Levinas mais je vois que nous ne le lisons pas de la même façon. Quand je lis Levinas je comprends que ce n’est qu’en allant vers l’autre qu’on a des chances de se trouver un sens à soi-même. Je comprends que c’est déjà par notre élan vers l’Autre, issu de notre être le plus profond, que notre voyage vers nous-mêmes découvre la transcendance. Aller vers l’autre c’est se dépasser, s’ouvrir au monde ; c’est un voyage sans fin vers notre propre altérité, un désir insatiable qui ne meurt donc jamais. Cet élan vers l’autre est un voyage vers la part étrangère de nous-mêmes. Autrui est un moi que je ne suis pas ; insoluble paradoxe nécessaire pour trouver l’harmonie. C’est une lente révélation réalisée par l’éveil de nos sens. Être l’Autre en étant soi. Être soi en étant l’Autre. Voilà mon Levinas à moi ; humain profondément humain ; était-il juif ? que m’importe puisqu’il me parle. Je ne suis pas sûr que cette classification des autres que vous faites est fidèle à la pensée de Levinas. Cette xénophobie de l’autre ne me plaît pas. « Dieu n’a plus d’autre choix que de lancer sa foudre » voir une punition divine dans ce qui n’est qu’un acte perpétré par l’homme barbare risque de justifier n’importe quelle folie. Vous aimez opposer « Saint » avec « idolâtre » ; il n’y a que des sectaires qui voient des idoles dans les adorations de l’autre ; ainsi les envahisseurs espagnols qui massacrèrent les dites idoles des Incas qui savaient adorer le soleil, la lune, les ruisseaux, les animaux et les plantes pour leur imposer leur idole christique. Quelle intolérance ! Quelle barbarie ! Pour vous est saint celui qui honore Dieu, le peuple-trésor. Permettez-moi d’enlever le « t » de saint pour parler d’homme sain plutôt que de saint-homme. Vous écrivez « Être fidèle jusqu’à l’extrême au commandement universaliste qui est le cœur de la pensée juive » les deux mots universaliste et juive se contredisent ; ce qui se veut universaliste doit tout inclure ; puis ce « jusqu’à l’extrême » me fait peur. Moi je me contenterai d’être fidèle à une pensée universaliste de l’homme. Il est un Livre qui vaut mille Torahs, mille Talmuds, mille Bibles, mille Corans ; celui de la chair et l’âme des choses ; celle dont nous sommes faits et celle qu’est l’autre. Vous affirmez que « la chute d’un tyran est toujours une justice en soi » oui sauf si celui-ci est remplacé par un ou des tyrans encore pires. Est-ce que je me trompe en disant qu’un philosophe devrait se placer au-dessus de toute religion, de toute communauté, pour tendre vers une certaine universalité de l’homme ? Ce qui est sûr c’est que vous me faites perdre espoir. Il suffit d’un peu d’humilité pour ne pas croire en Dieu et ne pas être athée non plus et au lieu de prier « Shema Israël » se contenter de dire « Ecoute moi homme, mon semblable et mon altérité que je fais mienne ». Que fais-tu l’artiste ? et Rilke de répondre « Je célèbre ! » belle prière universelle, sans religion, sans communauté à défendre, le regard porté vers l’infini de nous-mêmes. Je suis reconnaissant à la pensée juive dès l’instant qu’elle est universelle ; ainsi je peux lire la Bible, la Torah, le Talmud et Levinas. Vous dites regretter de ne pas maîtriser l’écriture de l’hébreu ; c’est effectivement bien dommage. Vous savez en effet qu’en plus de leur importance fonctionnelle comme composantes de mots, chaque lettre de l’hébreu est un canal pour une forme unique d'énergie spirituelle. Chaque lettre est comme une carte du Tarot qui porte déjà un sens en elle. Vous savez aussi bien que Proust que le Zohar est écrit en araméen, langue sœur de l'hébreu ; mais alors que l'hébreu était la langue des classes supérieures, l'araméen était la langue des gens ordinaires. Ainsi nul ne pourra jamais épuiser le sens contenu dans tous ces Textes et cela suffit à rendre obsolète toute religion qui réduit un mythe à une morale ou à une étude intellectuelle. Quel sens peut bien avoir « les phosphorescences de l’humanité qui se souvient qu’Adam a eu lieu » ? Que signifie « avoir lieu » quand il s’agit d’un personnage allégorique ? Merci de m’expliquer ! Vous demandez : « Que vaut-il mieux : avoir transitoirement tort et absolument raison – ou provisoirement raison et tort dans l’éternité ? » S’il y a un tort dans les deux options il faut en chercher une troisième ; peut-être diplomatique ; rester dans le ventre de la baleine. Là encore c’est parce que vous vous prenez pour Jonas et que votre lecture vous fasse voir ce que vous appelez « la vraie intention de Dieu » de « purifier le glaive ». Rien, rien, rien, rien… ne peut purifier un glaive ; c’est peut-être mon côté anti-militariste qui me fait dire et crier cela ; il me prend l’envie de vous chanter le déserteur de Vian. Puis là aussi vous me blessez tout particulièrement quand vous écrivez que « le comble de toutes les idolâtries c’est la pensée magique » Comme Michel Onfray qui est pourtant l’exact contraire de vous, vous réduisez ces deux splendides mots de « pensée magique » à la définition trompeuse et abusive imposée par quelques prétentieux psychologues ; y compris Freud et qui assimile la magie de la pensée à ses formes les plus frustes. Mais là je m’écarte de notre sujet et si vous désirez savoir ce que moi j’appelle la « pensée magique » je reste à votre service. Il m’arrive parfois de m’autoriser à détourner des définitions qui me semblent illégitimes. Vous me blessez encore plus lorsque vous écrivez vouloir « purifier » la Ninive libyenne de cette pensée magique du complotisme contre Israël. Je suis agacé aussi par votre religiosité primaire qui vous fait voir déjà les temps ultimes décidés par Dieu, le même dont la pensée aurait créé le monde, où le « monde de l’émanation » sera enfin advenu, votre apocalypse juive, votre tikoun, votre délivrance, qui tue tout espoir en l’homme. Cette fatalité, ce destin, déjà consommés me coupent toute faim de vivre ; attendons plutôt la fin avant de parler de destin. Vous parlez de « croyance aux faux messies » ; moi je ne vois aucun faux ni vrai messie ; je vois des hommes imparfaits, mortels, parfois magiques, parfois éteints, mais surtout et avant tout : que Nous Sommes. J’espère que malgré cette critique très directe vous n’aurez pas la bassesse d’y voir le moindre soupçon d’antisémitisme ; j’ai une haine sans limite des antisémites comme des islamophobes et ceux qui croient m’insulter en me traitant de mécréant moi qui ait une foi énorme : La foi en l’homme. A la rigueur j’aimerais presque un « messianisme démocratique » où le messie serait élu des hommes et non de dieu ; mais vous me cassez tout espoir quand deux mots plus loin vous parlez de votre « vrai messianisme juif, ambitieux et modeste, désireux d’infini mais respectueux des droits du monde » ; enlevez le mot juif qui vient qualifier et borner ce messianisme et je vous accorde tous les mots qui suivent. Mais soudain je vous aime lorsqu’une page après vous laissez « à l’apprenti humain le temps de souffler ». Que l’homme se comprenne enfin comme simple « apprenti humain » serait bien heureux, je pense. Je vous prends par la main quand vous regardez avec une certaine envie de les secouer, je pense, « ces juifs orthodoxes avec leurs papillotes qui s’enferment pour disséquer sans fin un verset de la Torah et le commentaire de ce verset et le commentaire de ce commentaire, jusqu’au vertige ». Ces « orthodoxes qui s’enferment dans une idée arrêtée une fois pour toute et qu’ils rabâchent avec obstination ». Vous le « juif laïque » mais ces deux mots se disputent dangereusement alors à nouveau je vous lâche la main. Vous ne me rendez pas la tâche facile ! Je pense, même si cela peut paraître cruel, que dès l’instant où on défend comme vous le faites une religion, on rend possible l’extrémisme et le radicalisme meurtrier de certains ; on prend le risque de l’amalgame ; il faut donc s’ouvrir beaucoup plus et oser vraiment la laïcité dont vous vous ventez à la fin seulement de votre livre. Un philosophe devrait se placer au-dessus de tout ça ; toute religion contient potentiellement une part d’extrémisme. Je vous propose comme cela est suggéré par vous sous la dictée de Levinas, de déplier les ailes de l’esprit qui restent froissées dans les livres mal lus et de prendre vraiment votre envol. Retrouvez cette polysémie du signifiant qui n’est pas propre au Talmud mais à toute la nature, écrite ou pas ; ne vous laissez pas rattraper par la bêtise de la pensée de foule qui devient la pensée de toute communauté qui se referme sur elle-même ; ouvrez-vous à la belle créativité inépuisable de l’intelligence et de l’esprit. Finissons-en avec cette pensée arrêtée, cette routine, cette façon de répéter, bégayer, penser ce qui a déjà été pensé pour ne surtout plus penser à neuf, cette glaciation de l’intelligence ; cette pensée bornée qui comme vous le dites affecte autant de religieux extrémistes que de laïques radicaux. Allons reconstruire la bibliothèque d’Alexandrie et mettons-y côte à côte le Talmud, Dante, le Coran, la Bible, la Torah, Shakespeare, Platon, Aristote, Merleau-Ponty, Virgile, Homère, Sophocle, Ovide, Spinoza et les autres sans aucune distinction et lisons aux éclats. Osons surtout écrire et poser nos livres avec ces autres livres sans aucune hiérarchie, nourrissons nous avant tout d’une connaissance qui nous vient directement des choses, de nos expériences de vie. Ce sera notre culture universelle, sans chapelle. Faites-moi plaisir et remplacez l’esprit du judaïsme par l’esprit de l’universalisme, donnons un espoir à une véritable déclaration universelle des droits de l’homme véritablement universelle. « Si Dieu existait, il serait une bibliothèque » Voilà une belle formule d’Umberto Eco qui peut me séduire ; d’autant plus qu’elle est au conditionnel. Mais vous, vous échappez un peu facilement à la question : crois-tu en Dieu ?; vous répondez que le problème ne se pose pas en ces termes. Mais ce n’est pas honnête de donner cette réponse car tout ce que vous dites dans ce livre montre que vous croyez à une religion, à Moïse, à Jonas et qu’il existe des Livres Saints comme le Talmud, tandis que d’autres ne le sont pas ; pour moi c’est cela croire en Dieu de façon primaire ; ce Dieu n’étant que le père Noël des grands. Vous parlez en citant Levinas, de la grande hostilité de la pensée juive au mystère, au sacré, à la mystique de la présence, à la religiosité ; c’est la contradiction totale ; tous ces mots ne vont pas ensemble ; vous seriez donc adepte d’une religion sans religiosité, un judaïsme païen ; quelle pirouette ! Mais le mystère il ne faut pas le tuer ; il faut s’en pénétrer ; apprendre à vivre avec ; l’approfondir sans le recouvrir d’une quelconque religion. Grande est l’erreur effectivement des religions qui donnent à nos devoirs envers Dieu le pas sur nos obligations à l’endroit d’autrui et sur l’éthique. C’est bien là le défaut de toutes les religions qui fabriquent un dieu en dehors du monde et qui ne nous donnent aucune obligation envers autrui ; l’éthique divine vient remplacer l’éthique humaine. Vous parlez d’une religion basée sur « l’irréligiosité » et « l’intellectualisme » acharné ; « le but de l’étude c’est l’étude », dites-vous ; « l’allégorie doit être traduite dans son idée ; le symbole dans le concept ; le mystère doit être provisoire, l’image désimagée ; « le but ultime demeure celui de la clarté » ! Vous parlez d’un retrait de dieu en soi-même ! Vous parlez de véracité et non pas de croyance, un savoir premier ; si le nom de dieu est imprononçable il faut donc le taire ; « il n’est jamais question d’y croire » j’ai fort envie de vous laisser dériver sur cette mer d’intranquillité définitive qu’est le Talmud. Votre Moïse à la perfection inégalée m’ennuie terriblement. Les prophéties et les prophètes m’ennuient ; pareillement la sainteté. « Il n’est pas demandé au juif de croire en Dieu » Mais croire à la sainteté de Moïse c’est bien pire encore ; encore plus primaire. Faire de Dieu le personnage central de votre livre pour finir en disant qu’il n’est jamais question d’y croire ; une pirouette qui ne m’amuse même pas. Voilà ! Je suis allé du premier au dernier mot de votre livre sans en sauter un et souvent en revenant sur bien des phrases souvent bardées de longues parenthèses et de sous-entendus, puis même si j’ai dû jouer un peu l’intellectuel pour essayer de me mettre à votre hauteur, je crois que seul le langage de l'art en général est capable de donner la parole à cette universalité vers laquelle nous devrions tourner nos regards pour résoudre ces querelles finalement très mesquines qui nous opposent. Mais vous n’aimez pas le mystère tandis que c’est ce qui me fascine, me remplit, me construit. Malheureusement je n'ai ni le talent d'un vrai intellectuel reconnu ni celui d'un artiste véritable; je suis un homme, un modeste écriveur ou gribouilleur qui n'a jamais rien publié, un passionné de théâtre, de poésie de danse et de musique, et avant tout de vie, qui est toujours resté un amateur acharné mais amateur: quelqu'un qui aime sans compter sur un salaire de reconnaissance.
0
Fil d'infos
People Tweet
  • 11 déc Paris Hilton @ParisHilton

    RT @PolinaHilton: @ParisHilton for GUESS 💖 Love my beautiful Princess 👑 https://t.co/nXlXLk1jrt

    Détails
  • 11 déc Paris Hilton @ParisHilton

    RT @iAmMuzicKing: Dream bae: @ParisHilton https://t.co/tHxVHPFp6X

    Détails
  • 11 déc Paris Hilton @ParisHilton

    @TheGaloreMag #Squad 💥 https://t.co/VrNzC6uR1i

    Détails